Le marché de Bastia représente bien plus qu’un simple lieu de commerce : c’est le cœur battant de l’authenticité corse, où se concentrent les saveurs et traditions séculaires de l’île de Beauté. Situé sur la place de l’Hôtel de Ville, entre le Vieux-Port et la place Saint-Nicolas, ce marché hebdomadaire réunit chaque week-end une soixantaine d’exposants passionnés qui perpétuent le savoir-faire insulaire. Dans une ambiance méditerranéenne typique, les étals colorés débordent de produits fermiers exceptionnels, tous porteurs d’une identité territoriale forte. Les visiteurs découvrent une palette gustative unique, façonnée par le climat généreux, les traditions ancestrales et l’exigence qualitative des producteurs locaux. Chaque produit raconte une histoire, celle d’un terroir préservé où la montagne rencontre la mer.

Les produits maraîchers corses du marché de la place Saint-Nicolas

Les étals des maraîchers bastiais offrent un spectacle visuel saisissant, notamment grâce à la diversité chromatique des fruits et légumes cultivés dans la plaine orientale et les vallées fertiles de l’île. La qualité exceptionnelle de ces productions s’explique par l’ensoleillement généreux, les sols riches et les pratiques culturales respectueuses que vous retrouverez chez la plupart des producteurs présents sur le marché. Les clients recherchent avant tout la fraîcheur et l’authenticité, deux critères que les maraîchers corses satisfont avec excellence grâce à des circuits de distribution courts et une récolte quotidienne.

Les agrumes endémiques : cédrats de corse et clémentines IGP

Le cédrat de Corse, appelé localement alimea, constitue un trésor botanique unique cultivé principalement dans le Cap Corse et la Balagne. Ce fruit volumineux, dont l’écorce épaisse et parfumée représente l’essentiel du poids, sert traditionnellement à la confection de confitures artisanales et de liqueurs digestives. Sa saveur complexe, légèrement amère et intensément aromatique, en fait un produit recherché par les connaisseurs. Les cédrats confits, spécialité emblématique, nécessitent plusieurs semaines de préparation selon des méthodes ancestrales.

La clémentine de Corse IGP bénéficie d’une réputation internationale méritée. Récoltée de novembre à février, elle se distingue par sa peau fine, sa teneur élevée en jus et son équilibre parfait entre acidité et sucrosité. Les producteurs de la plaine orientale cultivent ces agrumes sans traitement après récolte, garantissant une peau parfaitement consommable. Vous reconnaîtrez immédiatement leur qualité supérieure à leur couleur orangée lumineuse et à leurs feuilles encore attachées, gage de fraîcheur absolue.

Les légumes primeurs : artichauts violets et courgettes trompette

L’artichaut violet de Provence, particulièrement apprécié en Corse, apparaît sur les étals dès le mois de mars. Sa chair tendre et son goût délicat permettent une consommation crue ou légèrement cuite. Les maraîchers bastiais proposent également la variété Macau, cultivée localement depuis plusieurs générations. Ces artichauts se caractérisent par leur absence de foin, ce qui les rend entièrement comestibles et particulièrement savoureux lorsqu’ils sont préparés à la barigoule, recette méditerranéenne traditionnelle.

Les co

urgettes trompette, reconnaissables à leur forme allongée et à leur couleur vert clair, sont quant à elles très prisées des cuisiniers bastiais dès le printemps. Cueillies jeunes, avec parfois leur fleur encore intacte, elles offrent une chair fine, peu aqueuse, idéale pour les fritures légères, les farcis ou les poêlées rapides à l’huile d’olive. Sur le marché de Bastia, vous les trouverez souvent vendues en petits lots, directement par les producteurs de la plaine orientale, qui n’hésitent pas à partager leurs astuces de cuisson. N’hésitez pas à demander des courgettes encore munies de leurs fleurs : farcies au brocciu et aux herbes, elles résument à elles seules la cuisine méditerranéenne de Bastia.

Les tomates anciennes : cuor di bue et cornue des andes cultivées en plaine orientale

À partir de la fin du printemps, les tomates anciennes envahissent les étals du marché de Bastia et deviennent rapidement des produits incontournables. La variété cuor di bue, à la chair charnue et peu aqueuse, est particulièrement appréciée pour les salades estivales et les carpaccios de tomate, simplement relevés d’huile d’olive, de fleur de sel et de basilic. Son goût doux et sucré en fait une base idéale pour mettre en valeur la charcuterie corse ou les fromages frais comme le brocciu. Vous verrez souvent ces tomates proposées à la coupe, les producteurs n’hésitant pas à en trancher une pour vous faire juger de leur maturité.

La cornue des Andes, au profil allongé et à la peau fine, est quant à elle la reine des coulis et sauces maison. Cultivée en plaine orientale sans arrosage excessif, elle concentre les arômes et donne une texture veloutée aux préparations mijotées. Les Bastiais l’utilisent volontiers pour napper des cannelloni au brocciu, des lasagnes ou des plats de poissons. Si vous souhaitez préparer une sauce tomate typiquement bastiaise, privilégiez un mélange de cuor di bue et de cornue des Andes : la première apporte la sucrosité, la seconde la densité, comme deux voix complémentaires dans un chant polyphonique corse.

Les herbes aromatiques sauvages : nepita, menthe corse et immortelle

Pour comprendre l’âme culinaire de Bastia, il suffit de plonger le nez dans les bottes d’herbes aromatiques proposées sur le marché. La nepita, petite menthe sauvage emblématique de la Corse, est largement utilisée dans les omelettes, les gratins et certaines charcuteries. Son parfum puissant, à mi-chemin entre la menthe et l’origan, suffit souvent à transformer une simple omelette en plat de terroir. Les producteurs la vendent fraîche au printemps, puis séchée et émiettée le reste de l’année, dans de petits sachets faciles à glisser dans une valise.

La menthe corse, plus douce, parfume quant à elle les salades de fruits, les infusions et certains desserts comme le fiadone revisité. Vous la reconnaîtrez à ses feuilles légèrement gaufrées et à son odeur fraîche, presque camphrée. Enfin, l’immortelle (hélichryse italienne), bien que rarement consommée telle quelle, est utilisée en infusion ou en macération dans l’huile d’olive pour ses notes chaudes et solaires rappelant le curry. Sur le marché de Bastia, certains artisans proposent des huiles parfumées à l’immortelle, idéales pour sublimer un poisson grillé ou des légumes rôtis. En quelques brins d’herbes, vous emportez avec vous tout le parfum du maquis.

La charcuterie artisanale AOP et AOC bastiais

Impossible d’évoquer le marché de Bastia sans parler de la charcuterie, véritable fierté de l’île et vitrine du savoir-faire pastoral corse. Élevés en semi-liberté dans le maquis, nourris de châtaignes et de glands, les porcs de race Nustrale donnent des viandes d’une qualité exceptionnelle. Sur les étals, la charcuterie artisanale AOP et AOC se distingue par ses affinages longs, ses saveurs complexes et une salaison maîtrisée. Chaque producteur possède ses secrets de fumage, de maturation et d’assaisonnement, transmis de génération en génération. Devant la variété des produits, vous vous demandez par où commencer ? Suivez le guide.

Le prisuttu : jambon sec affiné 18 mois en altitude

Le prisuttu de Corse AOP est sans doute la pièce maîtresse des stands de charcuterie du marché de Bastia. Ce jambon cru, issu uniquement de porcs élevés en Corse, est affiné au minimum 18 mois, souvent plus de 24 mois pour les pièces les plus prestigieuses. Suspendu dans des séchoirs naturels situés en altitude, il profite de l’air frais et sec des montagnes qui permet un affinage lent, comparable à une maturation de grand vin. À la coupe, la viande présente une couleur rouge sombre marbrée de gras blanc nacré, promesse d’un goût à la fois puissant et délicat.

Pour le déguster dans les règles de l’art, demandez des tranches fines, presque translucides, que vous laisserez revenir à température ambiante avant de les servir. Au marché, les artisans charcutiers n’hésitent pas à vous faire goûter différents affinages afin que vous choisissiez celui qui vous convient le mieux. Le prisuttu se marie parfaitement avec un verre de Patrimonio rouge ou un vin rosé de la région, ainsi qu’avec des figues fraîches ou un simple morceau de pain de campagne. Un conseil : privilégiez les jambons portant clairement la mention AOP, gage d’origine et de méthodes traditionnelles respectées.

La coppa de corse AOP et le lonzu traditionnel

Autres indispensables du marché de Bastia, la coppa de Corse AOP et le lonzu incarnent la diversité des découpes de porc corse. La coppa, préparée à partir de l’échine, offre une texture fondante et un goût marqué, avec un équilibre subtil entre viande et gras. Elle est frottée de sel et d’épices, puis affinée plusieurs mois en cave naturelle, ce qui lui confère ses arômes de noisette et de maquis. Sur le marché, vous la trouverez entière, en demi-pièces ou déjà tranchée, prête à garnir une planche de dégustation.

Le lonzu, issu du filet de porc, se distingue par une chair plus maigre et une texture légèrement plus ferme. Il séduit ceux qui apprécient les charcuteries moins grasses, sans pour autant renoncer au goût. Affiné entre trois et six mois, il développe des notes délicates de poivre et d’herbes sauvages. Vous hésitez entre coppa et lonzu ? Imaginez la coppa comme un rouge ample et généreux, et le lonzu comme un blanc sec et nerveux : l’idéal est de les associer sur la même planche pour comparer leurs profils aromatiques. Les charcutiers bastiais proposent souvent des assortiments, parfaits pour un apéritif de retour de marché.

Le figatellu : saucisse de foie fermière disponible d’octobre à mars

Produit saisonnier par excellence, le figatellu fait son apparition sur les étals dès l’automne, généralement d’octobre à mars. Cette saucisse de foie, composée de foie, de gras et de viande de porc, est assaisonnée d’ail, de vin et d’épices, puis légèrement fumée. Elle se consomme traditionnellement grillée au feu de bois, servie avec de la polenta, des lentilles ou simplement du pain encore tiède. Sur le marché de Bastia, vous la verrez suspendue en rangs serrés, exhalant un parfum fumé irrésistible.

De plus en plus de producteurs mettent en avant le figatellu fermier, issu de cochons élevés en plein air et nourris principalement de ressources naturelles. Pour profiter pleinement de ce produit incontournable, demandez conseil sur le mode de cuisson : certains figatelli doivent être bien cuits, d’autres peuvent se consommer encore rosés selon la recette du producteur. Si vous ne disposez pas de feu de bois, une cuisson au gril ou à la poêle, à feu moyen, permet d’obtenir un résultat satisfaisant. Pensez simplement à accompagner ce plat généreux d’une salade verte ou de quelques légumes primeurs du marché pour un repas équilibré.

La panzetta et le salamu corses des producteurs du cap corse

La panzetta, poitrine de porc salée et séchée, est un autre pilier de la charcuterie corse que vous trouverez en abondance sur les stands du marché bastiais. Utilisée comme base aromatique dans de nombreuses recettes (omelettes, ragoûts, sauces tomates), elle se consomme aussi grillée, tranchée finement, comme un lard de grande qualité. Les producteurs du Cap Corse perpétuent des méthodes de salage et de fumage traditionnelles qui confèrent à la panzetta des notes boisées très recherchées. C’est un ingrédient précieux à ramener chez soi pour donner un accent corse à vos plats du quotidien.

Le salamu corse, proche du saucisson sec, complète quant à lui l’offre de charcuterie sèche. Préparé à partir de morceaux nobles, assaisonné de poivre et parfois de vin rouge, il est séché plusieurs semaines voire plusieurs mois selon le calibre. Sur les marchés, vous reconnaîtrez les meilleurs salamu à leur boyau naturel, leur odeur légèrement épicée et leur texture ni trop molle ni trop dure. Pour une dégustation idéale, conservez-le dans un endroit frais et aéré, puis servez-le à température ambiante, accompagné de canistrelli salés ou de quelques copeaux de fromage corse.

Les fromages fermiers au lait cru de brebis et de chèvre

Après la charcuterie, place aux fromages fermiers, autre symbole fort du marché de Bastia. L’île compte plusieurs dizaines de variétés, souvent produites en petites quantités dans des bergeries isolées. Les fromages au lait cru de brebis et de chèvre reflètent la diversité des pâturages corses, depuis les maquis littoraux jusqu’aux estives d’altitude. Sur le marché, les producteurs viennent parfois directement de la montagne, avec des fromages encore marqués par les fleurs et herbes que broutent leurs troupeaux. Vous verrez vite qu’il n’existe pas “un” fromage corse, mais une myriade de goûts et de textures.

Le brocciu AOP frais et sa saisonnalité de novembre à juin

Le brocciu AOP est sans doute le fromage le plus emblématique des étals bastiais. Élaboré à partir de lactosérum de brebis ou de chèvre, enrichi de lait entier, il se présente sous forme de faisselle fraîche, à la texture onctueuse et au goût délicatement lacté. Sa production est saisonnière : vous le trouverez principalement de novembre à juin, période durant laquelle les animaux produisent le plus de lait. Au-delà, les versions “passu” (affinées) prennent le relais, offrant un profil aromatique plus prononcé.

Au marché de Bastia, le brocciu se déguste de mille façons : nature avec un filet de miel de maquis, en omelette, dans les célèbres cannelloni au brocciu ou encore en base du fiadone. Les producteurs vous indiqueront souvent la date de fabrication, un indicateur précieux pour choisir entre un brocciu très frais, idéal pour les desserts, et un brocciu légèrement égoutté, parfait pour les préparations salées. Pensez à le conserver au frais et à le consommer rapidement : c’est un produit vivant, qui évolue comme un bon vin une fois sorti de sa fromagerie.

Les tommes affinées : niulincu et bastelicacciu

Les amateurs de fromages de caractère seront comblés par les tommes affinées présentes sur le marché, en particulier les tommes Niulincu et Bastelicacciu. La première, originaire de la vallée du Niolu, offre une pâte souple à mi-dure, avec une croûte naturelle parfois fleurie. Son goût est puissant, légèrement piquant, marqué par les herbes du maquis et les longues périodes d’estive. Selon la durée d’affinage (de deux à six mois, voire plus), elle pourra se déguster à la coupe, râpée sur des pâtes ou fondue dans des gratins rustiques.

La tomme Bastelicacciu, produite dans la région de Bastelica en Corse-du-Sud, présente un profil plus beurré, avec une texture souvent plus crémeuse sous la croûte. Elle séduit ceux qui recherchent un fromage à la fois typé et accessible. Sur le marché de Bastia, il n’est pas rare que les fromagers proposent des planches de dégustation comparatives entre ces différentes tommes, afin que vous puissiez choisir celle qui correspond le mieux à vos goûts. Si vous souhaitez créer une assiette de fromages corse équilibrée, associez une tomme jeune, une tomme plus affinée et un brocciu : vous couvrirez ainsi tout le spectre aromatique de l’île.

Les fromages lactiques : caprinu et A filetta des bergeries du nebbiu

Pour une expérience plus subtile, tournez-vous vers les fromages lactiques, comme le Caprinu et l’A Filetta, très présents sur les étals bastiais, notamment en provenance des bergeries du Nebbiu. Le Caprinu, petit fromage de chèvre moulé à la louche, se déguste frais, demi-sec ou sec selon votre préférence. Sa texture fine et son goût légèrement acidulé en font un compagnon idéal pour les salades, les tartines ou les apéritifs. Frais, il rappelle la douceur du yaourt grec ; sec, il se rapproche d’un petit chèvre de caractère, parfait avec un filet de miel ou quelques herbes de maquis.

L’A Filetta, reconnaissable à la fougère posée sur sa croûte, est un fromage de brebis au lait cru, à la pâte souple et à la saveur complexe. La fougère n’est pas qu’un élément décoratif : elle joue un rôle dans l’affinage en maintenant une certaine humidité et en développant des arômes végétaux. Sur le marché, ce fromage attire l’œil autant qu’il séduit le palais, avec ses notes légèrement animales équilibrées par une finale plus douce. Pour le servir, sortez-le du réfrigérateur au moins une demi-heure avant dégustation, afin qu’il exprime pleinement ses parfums. Vous verrez alors pourquoi tant de gourmets considèrent Bastia comme une étape incontournable d’un “fromage tour” en Corse.

Les spécialités sucrées et confiseries insulaires

Après avoir exploré les stands de charcuterie et de fromages, il est temps de céder à la tentation sucrée. Le marché de Bastia regorge de douceurs typiquement insulaires, qui racontent l’histoire d’une île où les fruits, le miel et les céréales ont longtemps constitué des ressources précieuses. Des biscuits croquants aux confitures parfumées, en passant par les miels de maquis, chaque spécialité sucrée concentre les saveurs du terroir. C’est aussi sur ces étals que vous trouverez les meilleurs souvenirs gourmands à rapporter de votre visite du marché.

Le miel de maquis AOP : châtaignier, arbousier et asphodèle

Le miel de Corse AOP – Mele di Corsica est un produit phare du marché de Bastia, décliné en plusieurs typologies selon la saison et la flore dominante. Le miel de châtaignier, sombre et puissant, se distingue par une légère amertume et des notes de cacao et de caramel. Il accompagne à merveille les fromages corses les plus typés ou un simple yaourt nature. Les apiculteurs précisent souvent la vallée ou le village d’origine, car un miel de châtaigneraie du Nebbiu ne goûtera pas exactement comme un miel issu des montagnes du Niolu.

Le miel d’arbousier, plus rare, séduit les amateurs de saveurs singulières : il présente une amertume marquée, presque médicinale, très appréciée dans les tisanes d’hiver ou les préparations pâtissières raffinées. Enfin, le miel d’asphodèle, plus clair et plus doux, offre des notes florales élégantes, idéales pour sucrer un fiadone ou parfumer une salade de fruits. Sur le marché, n’hésitez pas à demander une dégustation comparative : comme pour une carte des vins, chaque miel raconte un paysage, une saison et un savoir-faire précis. C’est l’une des meilleures façons de découvrir la richesse du maquis corse sans quitter Bastia.

Les confitures artisanales : figue de barbarie et clémentine corse

Les confitures artisanales occupent une place de choix sur les étals du marché, souvent fabriquées en petites séries par des producteurs de la région. La confiture de figue de Barbarie, préparée à partir des fruits des cactus qui colonisent les collines corses, offre une texture onctueuse et des saveurs exotiques rappelant la poire et le melon. Sa préparation exige un véritable savoir-faire, notamment pour l’élimination des nombreuses graines. Elle accompagne à merveille les fromages frais comme le brocciu, ou se déguste simplement sur une tranche de pain grillé.

La confiture de clémentine corse, préparée avec des fruits IGP non traités après récolte, est quant à elle l’une des plus recherchées. Les zestes finement émincés apportent une légère amertume qui équilibre la sucrosité du fruit, créant une confiture à la fois tonique et gourmande. Sur certains stands, vous trouverez également des marmelades de cédrat, des gelées de myrte ou de nepita, ou encore des confits de citron. Pour bien choisir, privilégiez les confitures dont la liste d’ingrédients est courte (fruits, sucre, éventuellement citron) et vérifiez la proportion de fruits, souvent indiquée par les artisans fiers de leur travail.

Les canistrelli traditionnels : anis, citron et châtaigne

Les canistrelli, petits biscuits secs typiquement corses, sont omniprésents sur le marché de Bastia, empilés dans de grands paniers en osier ou rangés dans des boîtes transparentes. Préparés à base de farine, de sucre, de vin blanc et d’huile, ils se déclinent en de nombreux parfums : anis, citron, amande, raisin sec, châtaigne… Les versions à l’anis rappellent les biscuits de tradition méditerranéenne, tandis que celles au citron offrent une fraîcheur idéale pour accompagner un café ou un thé. Les canistrelli à la farine de châtaigne, plus rustiques, incarnent quant à eux la Corse de l’intérieur, celle des châtaigneraies et des villages de montagne.

Ces biscuits se conservent facilement plusieurs semaines, ce qui en fait des souvenirs parfaits à glisser dans votre valise. Sur le marché, certains artisans proposent aussi des versions salées (aux olives, aux herbes du maquis, au fromage) qui s’accordent parfaitement avec un verre de vin corse à l’heure de l’apéritif. Comme pour la charcuterie ou le fromage, prenez le temps de goûter plusieurs recettes : vous serez surpris de constater à quel point la texture et le croquant peuvent varier d’un producteur à l’autre. C’est un peu comme comparer les interprétations d’une même chanson corse par différents groupes : la base reste la même, mais l’émotion change.

L’huile d’olive vierge extra AOP oliu di corsica

Au fil des allées du marché de Bastia, vous croiserez immanquablement des stands d’huile d’olive vierge extra AOP Oliu di Corsica. Cette appellation d’origine protégée garantit une production exclusivement insulaire, issue d’oliveraies souvent multiséculaires. Les variétés locales (Ghjermana, Sabina, Capanaccia…) donnent des huiles aux profils aromatiques variés, allant des notes herbacées et fruitées aux arômes plus mûrs de fruits secs et d’amande. Pour beaucoup de Bastiais, l’huile d’olive est bien plus qu’un simple condiment : c’est la base de la cuisine quotidienne, l’équivalent de la colonne vertébrale dans un corps humain.

Sur le marché, les producteurs proposent généralement des dégustations à la cuillère ou sur un simple morceau de pain. Vous pourrez ainsi comparer des huiles dites “douces”, parfaites pour assaisonner des poissons ou des légumes crus, et des huiles plus “intenses”, idéales pour relever une pulenda, des grillades ou des salades de tomates anciennes. Certains stands précisent le type de récolte (précoce ou tardive) ainsi que la méthode d’extraction, des informations précieuses pour comprendre pourquoi telle huile vous évoque la tomate verte et l’artichaut, tandis qu’une autre rappelle la noisette ou l’amande. Si vous ne savez pas laquelle choisir, optez pour une bouteille de type “fruité mûr” : polyvalente, elle conviendra à la plupart de vos recettes.

Les poissons et fruits de mer de la pêche locale méditerranéenne

Outre les produits de la terre, le marché de Bastia met aussi à l’honneur les richesses de la mer Méditerranée. Chaque matin, les poissonniers s’installent avec les arrivages du jour, souvent pêchés dans la nuit par les barques du Vieux-Port ou de la baie de Saint-Florent. L’offre varie bien sûr selon les saisons et les conditions météo, mais vous trouverez presque toujours une belle diversité de poissons de roche, de petits pélagiques et de fruits de mer. Pour qui aime cuisiner, c’est un véritable terrain de jeu : pourquoi ne pas profiter de votre passage à Bastia pour préparer une aziminu maison avec un mélange de poissons du marché ?

Le rouget de roche et le pageot de la baie de Saint-Florent

Parmi les poissons les plus recherchés, le rouget de roche et le pageot occupent une place de choix sur les étals. Le rouget, avec sa robe rouge vif et ses filets délicats, est un classique de la cuisine méditerranéenne. Sa chair fine, au goût légèrement iodé et sucré, se prête particulièrement bien aux cuissons rapides : grillé entier, en filets poêlés ou cuit au four avec un filet d’huile d’olive AOP Oliu di Corsica et quelques herbes du maquis. Sur le marché de Bastia, les poissonniers vous indiqueront volontiers comment le préparer, et pourront même lever les filets si vous le souhaitez.

Le pageot, poisson de la famille des dorades, est apprécié pour sa chair blanche ferme et savoureuse. Pêché notamment dans la baie de Saint-Florent, il se cuisine en papillote, au four ou au barbecue, avec des agrumes corses et de l’ail. Sa texture se tient bien à la cuisson, ce qui en fait un excellent choix pour les débutants en cuisine de poisson. Pour vérifier sa fraîcheur sur le marché, fiez-vous à la brillance de l’œil, à l’éclat des écailles et à l’odeur, qui doit être discrète et agréable.

Les langoustes rouges et oursins violets de saison

Pour les amateurs de produits d’exception, les langoustes rouges et les oursins violets constituent des incontournables de la pêche locale, bien que très saisonniers et soumis à une réglementation stricte. La langouste rouge, pêchée au large des côtes corses, est un mets de choix servi lors des grandes occasions. Sur le marché de Bastia, vous la verrez parfois vivante dans des bacs, surtout au cœur de la saison (printemps-été). Sa chair ferme et délicate se déguste grillée, en salade ou en sauce pour accompagner des pâtes fraîches. Comme pour un grand cru, il est recommandé de demander conseil au poissonnier pour choisir la bonne taille en fonction du nombre de convives.

Les oursins violets, quant à eux, font leur apparition en hiver, généralement de décembre à mars. Ils sont très prisés pour leurs gonades orangées, au goût iodé intense rappelant la noisette et la mer. Les Bastiais les dégustent souvent crus, directement à la petite cuillère, avec un morceau de pain ou un verre de vin blanc. Sur le marché, assurez-vous que la pêche est bien autorisée et que les oursins sont bien pleins : un producteur sérieux n’hésitera pas à en ouvrir un devant vous pour vous rassurer. Ce produit, à la fois simple et d’une grande noblesse, résume mieux que tout l’alliance entre sobriété et intensité qui caractérise la gastronomie bastiaise.

Les huîtres de l’étang de diana et moules de bouchot

Enfin, les huîtres de l’étang de Diana figurent parmi les joyaux de la conchyliculture corse. Elevées dans un environnement lagunaire préservé, ces huîtres se distinguent par une chair charnue, iodée mais équilibrée, avec des notes de noisette et d’algue fraîche. Elles se dégustent crues, simplement accompagnées d’un quartier de citron ou d’un filet de jus de clémentine corse pour une touche locale. Sur les étals du marché de Bastia, elles sont souvent vendues par bourriches, prêtes à être ouvertes à la maison ou sur votre lieu de séjour.

Les moules, parfois issues de techniques de type Bouchot ou de parcs méditerranéens, complètent cette offre de coquillages. Plus petites et plus charnues que certaines moules d’Atlantique, elles sont parfaites pour une marinière à l’ail et à la nepita, ou pour accompagner des pâtes fraîches aux tomates de la plaine orientale. Sur le marché, veillez à ce que les coquillages soient bien fermés, signe de fraîcheur, et conservez-les au frais jusqu’à leur cuisson. En quelques achats bien choisis, vous pourrez ainsi reconstituer chez vous l’esprit d’un repas de pêcheur bastiais, entre mer et montagne, exactement comme au marché de Bastia.